Charente-Maritime 

                   
       

 

Laiterie coopérative

de

MONTILS COLOMBIERS

(17AR)

 

       
                   

 

historique : 1893 -
     
                   
     
  Montils et Colombiers, ces deux villages du centre-est du département de la Charente-Maritime, se situent non loin de l'axe routier de la N°137 à mis-chemin entre Saintes et Pons, et font partie du canton de Pons. La laiterie-coopérative de Montils-Colombiers ne se situe pas forcément entre ces deux villages, mais au nord de Montils, en direction du village de Bougneau. Soit au nord de la ville de Pons, non loin de la rivière la Seugne et en bordure de la voie ferrée Saintes-Pons-Bordeaux.  
                   
 

Laiterie de Montils-Colombiers, cette appellation est impropre à l'établissement. Les statuts sont formels, le nom déposé en 1893 est ''Propriétaires Laitiers Réunis de Montils- Colombiers et environs". 55 articles gèrent cette entité, qui va devenir célèbre pour son beurre et ses produits dérivés.

Cette dite laiterie devenue coopérative fut créée le 1er mars 1893, et elle adhérait déjà en 1934, à l'association des laiteries Coopératives des Charentes et du Poitou.

Notons ici que c'est en 1893 que cette association des Laiteries Coopératives fut fondée, pour veiller aux intérêts de ces établissements qui ne cessent de se multiplier dans la région Charente-Poitou-Vendée-Deux-Sèvres. En 1892, la Charente-Maritime produisait 500 tonnes de beurre et en 1929 elle en produisait 5000 tonnes.

Dès l'origine, une porcherie y est annexée et cette porcherie est d'ailleurs prolongée vers les années 1930. Les bâtiments de la beurrerie sont prolongés par deux fois, la première pour une chaufferie fonctionnant au charbon, et la deuxième, dans les années 1930.

Tous les bâtiments de 1893 sont en moellon enduit, en rez-de-chaussée et toit mécanique. Les agrandissements des années 1930 sont en parpaing de béton, mais les encadrements des ouvertures sont en pierre et ces parties ne se distinguent guère de celles d'origine.

L'énergie nécessaire à la stérilisation des bidons, et au bon fonctionnement des installations provenait de la chaudière a charbon. Mais lorsque les feux se sont éteints, la laiterie à disparue.

Les bâtiments d'exploitation sont toujours là, seule la cheminée en brique à disparue.

                   
 

Le cheptel laitier de Montils-Colombiers est constitué uniquement de vaches de race Parthenaise et cela jusqu'en 1951. Ces vaches produisaient un taux de matière grasse élevée, donc beaucoup de crème transformée en beurre,d'où l'activité principale de l'usine de Montils-Colombiers.

Le cheptel à la fin de la Grande Guerre, le 1er mai 1918, s'élevait à 206 vaches et 261 bœufs. La vache laitière à cette époque peut s'utiliser aussi en animal de trait. En effet il n'est pas rare de voir des attelages constitués de ces vaches, mais malheureusement, dans ce cas, à la traite, le rendement est faible. Les données citées représentent en moyenne par propriétaire : 2,30 vaches. Bien entendu, certaines fermes possèdent des troupeaux plus importants.

La laiterie collecte sur plusieurs communes des environs. Il y avait 6 ou 7 tournées de ramassage en bidons de 50 litres et 100 litres. Ramassage de lait avec des charrettes tirées par des chevaux puis vient la période des camions et les bidons de 20 litres.

La principale activité fut au départ de sa création uniquement le beurre demi-sel , conservé en cave naturelle, et expédié à Bordeaux. Puis cette beurrerie fabriquera du beurre doux à compter de 1970.

 
                   
 

Laiterie industrielle coopérative bâtie en 1893 pour la fabrication de beurre. Dès l' origine, une porcherie y est annexée. Les bâtiments de la beurrerie sont prolongés par deux fois ; la première pour une chaufferie fonctionnant au charbon, et la deuxième, dans les années 1930, pour la caséinerie. La porcherie est également prolongée et un autre bâtiment y est accolé dans les années 1930 environ. La cessation d' activité remonte aux alentours de 1975, suite au regroupement de la laiterie avec celle de Matha. Les bâtiments sont actuellement habités.

 
                   

La laiterie de Montils-Colombiers, collecte en trois ans (entre 1894 et 1987) cinq prix.

Une médaille de Vermeil à Saintes en 1984. Une médaille d'Or à Bordeaux en 1894. Une médaille d'Argent à Bordeaux en 1895. Une médaille de Bronze à Paris en 1896. Une Médaille d'Or à Paris en 1897. Ces distinctions ne sont pas usurpées. La laiterie va remporter d'autres médailles comme cette médaille d'or au concours agricole de Paris 1907 pour l'excellence de ses beurres.

Les rendements laitiers sont faibles, les animaux mangent des fourrages de bonnes qualités. Les foins d'estive et les prairies artificielles donnent au lait ce remarquable goût de noisette, que les palais gourmands savent appréciés. A compter de 1970 cette beurrerie a fabriqué du beurre doux.  

Ce beurre si apprécié, issu du lait brut, donne des produits secondaires qui ne manquent pas d'intérêts sur l'espace économique.

 
           
 
                   
 

1902 est une date capitale pour le beurre avec la création du premier centre de recherche, la "station d'industrie" de Surgères en Charente-Maritime.

Autres fabrications à la laiterie de Montils-Colombiers : La caséine, substance protéique représentant la majeure partie des protéines du lait. La caséine voit un débouché sur les matières plastique, c'est pour cette raison que le bâtiment de la caséinerie est construit dans les années 1930. Les sous produits pétroliers, et la chimie moderne, auront raison de ces sources naturelles dans les années 1955-1965.

 
                   
 

Une autre filière est aussi exploitée à l'usine: Ce sera du lait en poudre. Au cours des années 1960-1965 fabrication de lait écrémé en poudre par le procédé ''Hatmaker'' ( Rouleaux ,chauffant à la vapeur) sur lesquelles coule le lait et l'eau s'évaporant il en reste la poudre de lait servant par la suite à l'alimentation animale, ou alimentaire. Déjà en ces années là, la concurrence fait fureur, le marché trop local ne permet pas à notre ''petite'' laiterie de faire face à la concurrence. Le marché devient de plus en plus dur et exigu, son avenir devient incertain dans le temps, de ce fait la fabrication de poudre de lait ne durera que 5 ans.

L'eau utilisée lors des diverses fabrications, provenait d'un forage de 6 mètres. 

Les expéditions des divers produits finis, et sa commercialisation étaient pratiques du fait que la voie ferrée Saintes-Bordeaux passait à 300 mètres de la laiterie. A noter que l'utilisation du wagon isotherme Kv 4510 service spécial des laiteries coopérative, permit d'expédier plus facilement le beurre sur le service des halles de Paris.  

La fabrication du beurre donnera des produits secondaires, dont le "babeurre" et du lait écrémé qui ne manquent pas d'intérêts sur l'espace économique de la laiterie. Ces "sous-produits" vont devenir un élément essentiel à l'alimentation et à l'élevage des porcs. Deux porcheries existent près de l'usine. Les quelques 500 porcs sont exploités par un particulier. Cette industrie d'élevage porcins a bien des problèmes avec les maladies liées aux normes d'hygiène.

Il n'y a donc pas eu de production de fromage n'y de lait en bouteilles dans cette usine.

                   
 

Une quinzaine de personnes travaillaient dans cette usine, le dernier Directeur étant Monsieur Barreau, et le Président de la coopérative Monsieur Fernand D.

 
                   

Le XXème siècle voit inexorablement la disparition progressive des laiteries de la région. Les nouveaux marchés, les rendements, les normes de plus en plus contraignantes en tous genres, obligent les directeurs et les sociétaires à se poser des questions sur la vie de leur unité laitière. Elles ne sont pas prêtes financièrement, à faire face à ces nouvelles normes sanitaires ou de marché des produits laitiers. Enfin, l'impact concurrentiel des grandes laiteries du nord du département écrase un peu plus ces petites exploitations.

Sur le plan économique, les regroupements, fusions et achats de coopératives initialisées par des groupes nationaux, auront raison de tant d'espoir. Au cours de l'année 1975, la laiterie coopérative de Montils-Colombiers va rejoindre le groupe ULACOBOS créé en 1965 et dont le siège social est à Matha.

Les laiteries du secteur de Pons disparaissent au fur et à mesure que les années passent, la laiterie des "propriétaires laitiers réunis de Montils et ses environs" fermera au cours de l'année 1975, elle aura donc travaillée 82 ans. Montils-Colombiers ferme ses portes comme Clion-sur-Seugne et St Bonnet-sur-Gironde. Dans le secteur Pontois, il ne restera plus que Chadenac, la laiterie de La Croix- Marron (Pons) est fermée depuis 1967 et celle de Pérignac est fermée depuis 1960.

Encore une fois le cultivateur allait devoir se recycler, son regard se tournant vers la culture du mais, le blé et les orges, avec ce que cela comporte de sacrifices et investissements.

 

                   
 

A compter des années 1890, les coopératives laitières et les industriels vont engendrer un nombre impressionnant de laiteries. Certaines perdurerons dans le temps, d'autres malheureusement disparaîtrons. Dans les arrondissements de Saintes et de Jonzac, en 1912, un village sur quinze est doté d'une laiterie, et la plupart sont de gestion privé (5). Il serait fastidieux de nommer toutes ces laiteries implantées sur le canton. Mais après des décennies d'activité intense, le tissu économique lié à la ''filière lait'' va se dégrader lentement. Ce déclin pour le Canton et la région, se situe dans une fourchette des années 1965-1975, bien que le processus soit latent depuis plusieurs années.

 
                   
         
                   
         
              Rédaction et mise en page ED - © letyrosemiophile.com
                   
                   

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