Charente 

Fromagerie de

CLAIX

- plus de fabrication de fromages à Claix, mais laiterie toujours en activité

historique (depuis 1884)

Le village de Claix est très connu pour son superbe Château du Moyen Age, ancienne résidence des évêques d'Angoulême, entièrement restauré pour Antoine de Julgart dans la deuxième moitié du XVIII° siècle. 

 

En 1877, après l'invasion du phylloxéra qui détruit la plus grande partie du vignoble français, les époux Becquet vendent "Claix" à Pierre, François, Gabriel (en famille Léon) de Lescure de Combemary.

 

Léon de Lescure de Combemary, devient propriétaire du château. Après s’être adonné à la production de cognac et de pineau, en 1884 il fait construire une laiterie beurrerie industrielle dans son domaine de Claix.

Dès 1890, le "beurre extra-fin" qui sort de la Ferme de Claix est assez réputé pour obtenir une médaille d'or à l'Exposition Internationale de Paris. Puis la qualité du beurre est reconnue par une récompense internationale.
En 1887, F. Marchand, propriétaire à Roullet et au lieu-dit "Les Sigogneaux" commune de Mouthiers-sur-Boeme, crée une laiterie en participation des propriétaires réunis. - II s'agit de voisins et amis. La forme de cette association est coopérative. F. Marchand prête des locaux lui appartenant et dirige l'entreprise : fabrication, commercialisation. Le ramassage est assuré par des "courtiers" contre rétribution de 0,02 centimes par litres. Comme le beurre L. Lescure, le beurre des Sigogneaux est proposé comme un beurre de table extra-fin.
En 1888, le beurre des Sigogneaux obtient une médaille d'argent au Concours Agricole d'Angoulêrne. Cette récompense est renouvelée en 1889, 1890 et 1891. 

En 1898, on indiquait pour les Sigogneaux : collecte journalière de 1200 litres, production beurrière journalière de 40 à 60 kilos suivant la saison. Au début, on procédait à une vente directe au consommateurs par colis postaux, puis dans la mesure de l'extension du ramassage, aux collectivités et aux revendeurs. Dès la création de la Laiterie des Sigogneaux, il y a concurrence, puis lutte ouverte avec la Laiterie de Claix. - Les Sigogneaux en font les frais. Marchand n'est pas de taille à lutter avec Lescure. Celui-ci dispose de moyens importants, d'un matériel plus complet, d'un personnel vraiment qualifié, de méthodes commerciales plus efficaces.

Les courtiers des deux Laiteries reçoivent la même rémunération (0,02 F. le litre), maix Claix participe aux frais de ramassage par une prime à la quantité, et récompense la "qualité constante" (laits propres, ramassés et livrés rapidement, donc peu exposés à la "tourne").


A une date qui n'a pu être exactement déterminée, Adrien Chillaud devient agent commercial de Léon Lescure, voyage, crée un réseau commercial qui, déjà, touche le Midi, et, peu à peu, prend de l'importance à Claix et gère en fait la Laiterie avant d'en devenir le Directeur.

La rivalité apparente (et réelle) entre les deux entreprises n'empêche pas l'agent commercial de la Laiterie de Claix, qui est aussi propriétaire, de livrer aux Sigogneaux une grande partie de son lait.

 Il est en excellents termes avec P. Marchand, le conseille et va jusqu'à faciliter la commercialisation de son beurre. Il semble avoir ainsi préparé de longue date la fusion qu'il souhaitait, en travaillant à convaincre Marchand que sa trop petite entreprise n'est pas rentable.

La condition première de la création de la Laiterie Coopérative de Claix était la disparition de la Laiterie en participation des Sigogneaux, par absorption ou fusion. Pour la préparation de cette opération, il fallut plusieurs années et de nombreuses démarches.

En fin d'été 1908, tous les atouts sont dans les mains de Lescure et de Chillaud : disparition ou fusion. - La confrontation des deux entreprises ne laisse aucun doute sur l'issue d'une lutte qui, aux Sigogneaux, cède à l'abandon.

Le 1er Novembre 1908, Marchand se soumet.

Après quelques modifications, les statuts examinés le 8 novembre sont définitivement adoptés le 1er décembre 1908, date d'entrée en fonctionnement de la Laiterie coopérative de Sainte-Anne-de-Claix.
Les communes de la zone de ramassage sont celles des cantons de Blanzac, Angoulême, Hiersac, Jarnac, Segonzac,
Chateauneuf, Baignes, Brossac, Chalais, Montmoreau, Barbezieux et Villebois-Lavalette.

L'administrateur, Marchand devient par la suite vice-président, mais observera toujours une attitude effacée. A sa mort, en 1921, il est remplacé au Conseil d'Administration par son gendre Ernest Galopaud, qui préside pendant un temps le Conseil d'Administration, et est remplacé par M. Bouillon.

Après le décès de Léon Lescure, son neveu Charles Lescure devient président, mais le véritable animateur de la Coopérative reste Adrien Chillaud. Léon Lescure meurt en 1916 et ses héritiers (veuve et neveu ou fils adoptif) vendent Château et la propriété à la Laiterie Coopérative Sainte-Anne-de-Claix, le 4 Juillet 1921. Aujourd'hui encore, l'emballage du Beurre de Claix est orné des armoiries de Combemary. Les logements d'ouvriers datent sans doute aussi de cette époque. 

Dans la deuxième moitié du XX° siècle, les ateliers de fabrication se modernisent

Vers 1930, Gaétan Chillaud, Maire de Claix, dirige la laiterie, secondé par Martial Tourteraud. La laiterie coopérative Sainte-Anne-de-Claix et sa succursale de Deviat travaillent ensemble 50.000 litres de lait par jour, qui est transformé en beurre centrifuge extra-fin, destiné à l'exportation. Il part essentiellement dans les Colonies Françaises sous la forme de plaquettes et également en boites métalliques hermétiquement closes, qui lui assurent une parfaite conservation sans nuire à sa fraîcheur et sa finesse. Un témoignage de l'époque d'un visiteur de Claix témoigne "La laiterie respire l'ordre, l'hygiène, et la salubrité. Le matériel utilisé est ultramoderne, écrémeuse, baratteuse... produisent un travail méthodique sous la surveillance d'ouvriers expérimentés et attachés depuis de longues années à la laiterie." Le ramassage du lait s'effectue avec une quarantaine de véhicules, qui sont la propriété de chaque ramasseur. Attenant à la laiterie de Claix, il existe une porcherie modèle et une fabrique de caséine.

 

 

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En 1948, les batiments et le matériel de la laiterie sont entièrement modernisés

 
                                       

L'effectif en 1986 est de 136 personnes.

L’usine de Claix est intégrée au GLAC en 1995. Actuellement, le beurre Lescure, le lait UHT Lescure et la crème Lescure sont toujours fabriqués au sein du GLAC.

sources : "La France économique et financière", E. Delpierre

 
Ses fromages :
     
           
 

 

 

 

 

Objets :

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Documents :


 
 
 
   
   

Voici les inscriptions que l'on peut trouver sur cette boite : « Beurre Extra Fin de la Ferme Sainte-Anne – Beurre préparé spécialement pour la Maison Dubot Frères à Conakry (Guinée Française)– Extra Finest Butter Warranted Pure – De Combemary – propriétaire Château de Saint-Georges – Charente (France) »

Cette boite datant de la fin du XIX° siècle représente des vaches qui broutent dans un pré, avec un château en arrière plan.

   
   

Ce beurre fabriqué à Claix, était enfermé dans une boite spéciale en fer blanc illustrée, et expédié en bateau pour le grand Hôtel Dubot à Conakry en Guinée. Sur ce plan de Conakry, les frères Dubot se trouvaient sur la parcelle 52
   

L’hôtel se situait derrière la Direction des Travaux publics (4) sur le 2ème boulevard.

L'hotel "Dubot Frères"

   
Situé à l'entrée du 3éme boulevard, cet édifice ne manque pas de surprendre par son architecture éclectique. Le batiment à l'arrière plan, par son pignon à redents et le traitemant des ouvertures, rappelle l'architecture gothique flamande. L'appentis, en forme de proue de navire qui précède le batiment du premier plan, est couronné d'un étage lanterneau formant symétrie avec le batiment à redents. Une entrée de style Art nouveau rappelle les bouches du métropolitain parisien.
   
         

L’hôtel Dubot quelques années plus tard
(le monument du gouverneur POIRET à Conakry a été réalisé par Georges Baudry en 1934).

         
                                       

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