Charente 

Fromagerie de

VILLEFAGNAN

 

historique (1907-1965)

 

Après la création du Crédit Agricole de Villefagnan en 1905, Claude Brothier, inventif et énergique maire et président du comice agricole, est l’instigateur de la laiterie coopérative de Villefagnan. Notons qu'il est aussi l'inventeur de la Naphtolette, première voiture charentaise.

Ce sont les adhérents eux-mêmes qui prêtent les sommes nécessaires à la construction de la laiterie.

Située route d’Aigre, la laiterie est mise en service en 1907, et débute ses activités sous le statut de coopérative laitière. Dès 1910, son beurre est déjà primé à Turin.

Ses statuts sont modifiés le 22 février 1914. La première guerre mondiale voit la collecte de lait chuter.

En janvier 1913, 1.312.441 litres de lait sont collectés, et 71.432 kilos de beurre fabriqués.

En janvier 1917, seulement 399.046 litres de lait sont collectés, et 16.416 kilos de beurre fabriqués.

Durant la première guerre mondiale, il n'y a pas de fabrication de fromages, et Henri Debenay, devenu maire du village, est le président de la laiterie coopérative.

A la fin de l’année 1918, Claude Brothier achète la laiterie à l’amiable, il souhaite reprendre l’activité dès le 1er janvier 1919. 

Le 9 mars 1920, le docteur Claude Brothier dépose au greffe du tribunal de commerce de Ruffec la marque de fromage extra « Fromagerie de l'Ouche à gayet ». 

Le gayet (gaillet), c'est cette plante qui a la vertu de remplacer la présure et de faire cailler le lait..., appelée aussi « gaillet-graperon »

Un industriel parisien tente de contrecarrer le projet de développement de la laiterie. En 1919, le comptable de la laiterie est complice et arrêté pour abus de confiance à la demande du Parquet de Loches (Indre et Loire).

Suite à cet évènement, un camembert est réalisé par l'imprimeur Richard à Sauzé-Vaussais, en s'inspirant directement de cette arrestation. Avec ce fromage diffusé localement, on peut penser que l'histoire fit rapidement le tour des villages avoisinants. Le garde-champêtre, stylisé et représenté avec un bicorne et un sabre d'infanterie, est ainsi devenu icône locale, ...et est maintenant passé à la postérité grâce à ce fromage !

Claude Brothier va résister à l'offensive, et le 11 décembre 1920, enregistre la laiterie au registre du commerce.

Le dimanche 23 janvier suivant, il revend la laiterie à son gendre, Joseph Rogerie, démobilisé depuis avril 1919 pour raison de santé. 

Après le décès de ce dernier, son épouse reprend les rênes, mais va avoir mille difficultés à faire tourner l'établissement, une concurrence misogyne masculine va s'évertuer à fermer la laiterie.

 

L'aventure Lattion :

La laiterie ne fonctionne plus depuis plusieurs mois. La clientèle est perdue. Mais en avril 1937, Jean et Simone Lattion visitent l'établissement en vue d’une location éventuelle. La laiterie est en moins bon état que la maison d’habitation, mais la couverture est impeccable. Jean Lattion, Suisse, a des cousins à Luxé. Il est venu travailler à la laiterie de Luxé (La Charrière) durant plusieurs années avant la guerre. C’est ainsi qu’il connut sa femme, Simone, originaire de Brettes.  

Les époux Lattion louent la laiterie du 1er juillet 1937 au 1er juillet 1945. Ils ramènent leur clientèle de Luxé. Travailleurs et modernes, leur commerce prospére. D’ailleurs, le premier jour d’exercice à Villefagnan, Jean Lattion collecte déjà 835 litres de lait… Il achète la laiterie en 1945, l'équipe et la modernise. Puis il développe la production de fromage de chèvre.

En 1953, il est l’un des premiers à stériliser le lait. Il achète une embouteilleuse allemande et un homogénéisateur pour produire du lait U.H.T. La matière grasse après éclatement, est répandue dans le lait qui est chauffé très brièvement à 115°C. Outre Jean et Simone Lattion, la laiterie emploie à cette époque une trentaine de personnes. Il faut pour la collecte 7 ou 8 ramasseurs, et autant de camions. Une vingtaine de personnes œuvrent à la laiterie: dix pour le beurre et le lait ; dix pour le fromage. Les Lattion emploient aussi une secrétaire à plein temps. Ils gèrent également une porcherie de 200 cochons à la Font de Villefagnan afin de rentabiliser le petit lait.  

2 ét.

En 1962, sont traités par jour 20.000 litres de lait dont la qualité est vérifiée aléatoirement chaque mois par un contrôleur pour en vérifier la densité. La clientèle est importante et s’étend au delà d’Aigre, à Verdille et vers la Charente Maritime.  

Malgré l’importance de la laiterie, elle est située à l'époque dans la moyenne des laiteries en Charente (16e environ sur une trentaine). Et la concurrence étant rude, la plupart des laiteries de la région ferment progressivement où se regroupent.

 

Pressentant l’évolution inéluctable vers le regroupement, les Lattion fusionnent dès juillet 1962 avec la laiterie de Réparsac près de Cognac. La collecte du lait est toutefois maintenue autour de Villefagnan mais le lait est traité à Réparsac. Le matériel est vendu à d’autres laiteries. C’est du très bon matériel, très moderne pour l’époque d’origine allemande et suédoise, sans conteste le meilleur sur 300 km à la ronde. Il permet en particulier la pasteurisation et la stérilisation du lait.

Jean Lattion a employé au plus fort de ses activités une cinquantaine d’employés. La laiterie a fermé en 1962. Jean Lattion décède le 5 juillet 1965 à 53 ans. 

 

sources : site de Pascal Baudouin, Eric Delpierre

 

 

 

Ses autres fromages :

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3 ét.

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Autre page sur la laiterie de Villefagnan : http://gastronomeruffec.wifeo.com/laiterie-villefagnan.php

 

 

 

 

 

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