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13 février 2017

"Le Point d'Interrogation"

Tout tyrosémiophile sait qu'il existe des étiquettes de fromage représentant un point d'interrogation.
     
Mais quel inspiration ou évênement est à l'origine de cette représentation particulière ?
        Le dépôt de marque de la Société "Le Gruyère Français" à Lyon nous donne un indice avec un avion sur lequel figure un point d'interrogation. Une rapide recherche sur Internet, ou dans mon cas un "appel à un ami" aéronaute (sans le citer) me mène à un "Bréguet 19" de 650cv qui a permit le 1er septembre 1930 à Costes et Bellonte de relier Paris à New-York sans escale. Et pour cette énigme résolue, je peux donc sans inquiétude, affirmer : "c'est mon dernier mot".        

Le Breguet Br.19 TF Super Bidon "Point d'Interrogation", a été restauré et est visible au Musée de l’Air et de l’Espace (M.A.E.) du Bourget.
        Ce premier dépôt de marque est déposé le 15 octobre 1930, soit 1 mois et demi après la traversée effectuée par Costes et Bellonte.

Désireux de surfer sur ce retentissant exploit technologique, Fernand Reignier, fromager à Annecy, dépose également la marque "Le Point d'Interrogation" mais avec trois jours de retard sur la Société "Le Gruyère Français". 
 
       
       
Quinze jours plus tard, c'est au tour d'un fromager charentais, d'avoir l'idée de déposer la marque de ce camembert sur lequel figure un point d'interrogation et une mise en abime du point qui représente un camembert sur lequel figure un point d'interrogation dont le point représente un camembert sur lequel figure un point d'interrogation dont le point...


Photo de l'avion prise peu de temps avant le record de distance des 27-29 septembre 1929.


 
Trois mois se sont écoulés depuis la traversée de l'atlantique par les deux aviateurs, lorsque la fromagerie normande d'Isigny sur Mer dépose sa marque qui reprend aussi le point d'interrogation. Cette marque sera commercialisée puisque nous connaissons des étiquettes décollées de boites.
 
Mais que contient la boite ? Peut-être un fromage !!!
    
Voici quelques renseignements sur la connaissance de l’avion "Breguet 19", ses caractéristiques et ses performances :

Le Bréguet 19-GR (pour Grand Raid) n°3 Point d'Interrogation, puis 19-TR (pour Transatlantique), et au final, FT n°1

Le prototype du Bréguet 19 effectue son 1er vol en mai 1924. Destiné au bombardement avec un équipage de 2 personnes, il connu un rapide succès. Construit à environ 2 900 exemplaires (d'après les sources les plus crédibles). Environ 1 300 sont utilisés par l'aviation française dans les versions principales, biplace de bombardement, et biplace de reconnaissance. il sera également employé par 18 pays au moins, et construit sous licence par l'Espagne, la Belgique, et la Yougoslavie.

Démuni de son équipement guerrier, le BR-19 possède toutes les qualités requises pour devenir une très bonne machine de performance. Entre 1924 et 1932, au moins 16 avions (identifiés) seront préparés notamment pour des raids en ligne droite ou en circuit fermé. Constamment améliorés, c'est fin 1927 que la version 19 TR (pour Transatlantique) apparaît. Cinq machines sont construites dont notre futur Point d'Interrogation, lui même modifié dans ce qui restera la version ultime et la plus performante. 


Le "Point d'Interrogation" (fin1928) avant sa transformation en "Super bidon".
On aperçoit Costes au fond sur le côté gauche en costume clair.
 
   

Les journalistes veulent bien savoir à quoi est destiné l'avion que préparent Costes et Bellonte, mais qui refusent de révéler la destination. L'un d'eux, agacé s'exclame : "Alors quoi, votre avion ? c'est un point d'interrogation ?". Les mécaniciens qui assistent à la scène esquissent en douce, de chaque côté des francs de l'avion un gros point d'interrogation. Le lendemain, Costes et Bellonte, découvrent, amusés les dessins. Ils trouvent que ces points d'interrogation vont bien à l'avion, et demandent qu'on les peigne définitivement. Ainsi est né le nom de baptême du Br 19 GR n°3 dès 1928.

Une cigogne sera peinte également. C'est la cigogne de la célèbre escadrille de chasse n°3 de l'As Georges Guynemer de la première guerre mondiale. Symbole repris par la Sté Hispano Suiza, le motoriste du Point d'Interrogation.

   
    Avec son envergure de 18,30 mètres et son moteur de 485 kW pour 650 ch, le "Super Bidon" peut transporter jusqu'à 5570 litres de combustible, et a une autonomie de 52 heures de vol (du délire...) soit un peu plus de 9000 km. Donc le vol Paris-New York était parfaitement réalisable.

Sur cet avion, Dieudonné Costes et Maurice Bellonte établissent du 27 au 29 septembre 1929 (en 51h19) une distance record non-stop de 7 905 km entre Paris et Moullart (près de Tsitsihar en Chine).

Puis, les 1 et 2 septembre 1930, ils traversent l'Atlantique de Paris à New York. A l'époque, cet exploit a un retentissement planétaire, car c'est la première traversée est-ouest non-stop de l'Atlantique Nord en avion. Il a fallut 37 h et 17 mn à Costes et Bellonte pour parcourir une distance estimée de 6310 km entre Paris et New-York, cela représente une prouesse d’être en vol aussi longtemps, dans des conditions spartiates, et avec un stress permanent. Il avaient emportés 5180 litres de carburant et 220 litres d'huile.
 
   
            Une hypothèse sur l’origine du symbole ''?'', placé en fin de phrase pour marquer qu'il s'agit d'une question.
Il viendrait du mot latin ''quaestio'' (''question''), dont l'abréviation est ''qo''.
On écrivait le ''q'' minuscule au-dessus du ''o'' minuscule, ce qui a donné au fil des déformations notre point d'interrogation moderne.
           
 
Un autre fromage camembert des années 1930 provenant de Bourgogne et dont l'origine exacte n'est pas connue,
reprend le symbole de l'avion de Costes et Bellonte, et également le fond coloré rouge de la carlingue de l'avion.

Dieudonné Costes, juste avant le vol Paris-New York, pose devant l'avion de tous les exploits.

Par analogie, sans doute le fromage de tous les exploits !
Pas de carburant, juste un bon affinage et des petits vers pour le faire avancer...
  

Publicité d'une revue Castrol, vers 1933
                                       
sources : Eric Delpierre, avec la participation de Pierre Caillaud pour la partie aéronautique
11 février 2017
"Le Veau d'Or"
La bible raconte qu’au cours de l’Exode du peuple hébreu depuis l’Égypte vers la terre promise, pendant l’ascension du mont Sinaï par Moïse pour recevoir les Tables de la Loi, les Hébreux, nouvellement libérés du joug de Pharaon, pressèrent Aaron de leur montrer un dieu qui puisse les guider.

Aaron demanda alors au peuple hébreu de briser les boucles d’oreilles en or des femmes et des enfants, et fit fondre un veau qu’ils désignèrent et adorèrent comme un dieu, à l’imitation des dieux égyptiens Hathor (une vache) et Apis (un taureau).

Lorsque Moïse descendit du mont Sinaï et qu’il vit les Hébreux adorer cette idole, ce qui est interdit par le Premier Commandement, il fut pris d’une colère si grande qu’il fracassa les Tables de la Loi sur un rocher. Dieu ordonna alors à Moïse de tuer tous ces hérétiques, et Moïse transmit cet ordre à ceux qui, parmi son peuple, lui étaient restés fidèles.

"Le veau d'Or" - peinture de Raphael




  Avec le temps, le sens de "l'adoration du veau d'or" se transforme, et devient la manifestation de la stupidité de bédouins crédules, idolâtres et avides de biens matériels. L'expression ''adorer le veau d'or'' signifie de nos jours aimer l'argent, les biens matériels, ne fréquenter que les gens riches.

Aujourd'hui, il existe bien des veaux d'or dans ce monde ; certes, ils n'ont aucune ressemblance visuelle avec l'effigie du veau d'or mais ils contiennent la même illusion des hommes à se passer de Dieu en se créant eux-mêmes leurs propres idoles, comme prendre en icone une voiture de luxe par exemple, ou en modèle une star de la télé réalité.
   
Ce camembert du "Veau d’Or", "idole des gourmets", sans aller jusqu’à prier autour de ce fromage, tente de rassembler autour de lui de fidèles consommateurs.

Cette marque de fromage a été déposée et fabriquée en 1932 par Armand Garsuault de la laiterie de St-Etienne-de-Montluc,  puis la marque a été reprise par la laiterie de St-Gildas-des-Bois en Loire Atlantique.
Le succès de "La Vache qui Rit" a très certainement motivé la création de "Le Veau d’Or" puisque quelques années auparavant, en 1927, Armand Garsuault déposait aussi "Le Veau qui Pleure".

Au sein même de ce département de Loire-Atlantique, des concurrents ont aussi proposés "La Vache d’Argent", "La Boule d’Or", "Sillon d’Or", "Disque d’Or".

Autre étiquette "Le Veau d'Or" provenant de Touraine.
                                       
                    source : Eric Delpierre
04 janvier 2017
    Ce fondu de fromage en garde les boîtes à Villers-sur-Mareuil (Somme)    
             
Frédéric Dubos, un habitant de Villers-sur-Mareuil, hameau d’Huchenneville, est, entre autres, tyrosémiophile. Comprenez : collectionneur de boîtes et étiquettes de fromage. Il en possède plus de 300 différentes, stockées dans une malle de cantine, dans son grenier.
Une passion qui remonte à l’adolescence. «  À 6 ans, j’ai commencé à collectionner les timbres, avant de passer aux cartes postales et aux capsules de champagne, relate Frédéric Dubos, qui tient le magasin de graineterie-animalerie-pêche, place Bonaparte, à Abbeville. Vers l’âge de 20 ans, je me suis intéressé au vieux matériel de pêche de mon grand-père.  »

Mais l’adolescent partage aussi une passion avec sa mère : celle du lillebonne. «  Ce fromage était fabriqué à Lillebonne, une commune entre Londinières et Fécamp, en Normandie. Il avait une belle croûte blanche que j’adorais manger avec des chips et de la sauce tartare. Il n’existe plus aujourd’hui. Je gardais les étiquettes bordeaux, avec l’écriture blanche et le couvercle.  »

« Si on les regarde avec l’œil du collectionneur, on fait attention aux photos, parfois la vie d’une ferme, et aux petits détails qui différencient une boîte d’une autre. » Frédéric Dubos

 
La collection de Frédéric Dubos est stockée dans son grenier. En attendant un nouveau passionné.
                   
 
La tyrosémiophilie est en marche. Au fil des années, des voyages, Frédéric Dubos accumule les boîtes : camembert, brie, vieux lille, livarot, pont-l’évêque etc. «  Si on les regarde avec l’œil du collectionneur, on fait attention aux photos, parfois la vie d’une ferme, et aux petits détails qui différencient une boîte d’une autre, comme les promotions, les mentions spéciales etc.  », expose le quinquagénaire, qui scrute les rayons, même ceux des hard-discount. Parfois en pâtissant de la qualité du produit. «  J’ai acheté du camembert que j’ai eu du mal à manger », s’amuse-t-il. Ses amis proches, qui connaissent sa passion, n’hésitent également pas à l’alimenter.

Mais Frédéric Dubos est en quête d’une pièce particulière : la fameuse boîte de lillebonne. «  Lorsque j’ai quitté la maison familiale, à 18 ans, mon père a fait un peu de ménage, se rappelle-t-il. Je n’ai jamais pu retrouver cette boîte !  »

Pourtant, le collectionneur veut désormais vendre sa collection. : «  C’est un peu un échec de ne pas trouver le lillebonne et ces boîtes prennent de la place…  » Il la propose sur un site. Mais pour le moment, aucun autre tyrosémiophile ne s’est manifesté. A.M.  
                 source : http://www.courrier-picard.fr
 
                   
 
           
                   

 

                 
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